
Si tous les ports du monde...
Au commencement était
la mer et la mer était leur terre. Les ports européens
sont liés de façon physique, élémentaire.
Mais comment raviver ce lien, comment le ramener au cœur de la
vie de la région malouine ? C'est la question à laquelle,
Loïc Frémont, directeur du théâtre de Saint
Malo, tente de répondre. Son pari est simple : la culture,
conçue comme une rencontre, un échange entre les régions
portuaires européennes, peut être un moteur pour l'économie
et le tourisme local. Il décide donc de lancer en 1997 un festival
intercommunal intitulé "Si tous les ports du monde ...",
qui propose au monde de l'art et du spectacle d'entraîner dans
son sillage le monde de l'entreprise. Etrange mariage au premier abord
que celui de ces deux "frères ennemis", pourtant
mariage de (bonne) raison et peut être, aussi, de passion. Ainsi,
tous les deux ans la région de Saint Malo célèbrera
des fiançailles culturelles avec une région maritime,
d'abord Cadix, puis Dublin et Glasgow, enfin Gènes, qui déboucheront
sur des unions économiques.
Mais
si le succès de cette manifestation inter-régionale
a prouvé que de la rencontre, qui est souvent une retrouvaille,
avec une autre culture peuvent naître de nouvelles relations économiques
et touristiques, elle n'entend pas en rester là, et compte
bien donner naissance à des liens durables et permanents.
Il s'agit ici d'initier un réseau
de collaborations à tous les niveaux, entre les divers partenaires
des pays concernés par la manifestation "Si tous les Ports
du Monde…".
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Son rôle
sera de mettre en place, sur le tissu de liens créé lors
des événements, des projets communs et de partager, d'échanger,
les richesses que sont les expériences et les savoirs de chacun.
Avec le désir, bien entendu, de s'ouvrir, demain, à de nouveaux
membres, Porto, Cardiff ... Mais revenons au départ, à l'origine, à la
mer. L'histoire du pays Malouin s'y est fermement ancrée
depuis le XVIème siècle, avec la naissance
de la marine au long cours et son passé d'exploration,
de conquête commerciale, à la recherche des
précieuses épices. C'est elles qui, dès
lors, rapprochèrent les malouins, marins et commerçants,
des autres peuples de navigateurs, tels que les espagnols
et les portugais. Au point, peut être, de les leur
rendre plus familiers que leurs lointains compatriotes de
la capitale. Et c'est ce même lien, celui de la mer
et des épices, aujourd'hui ravivé et remis à neuf,
qui me donne envie, cinq siècles plus tard, de donner
la main à un cuisinier de Porto ...
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