Un charme flotte sur cette contrée, mêlant l’influence maritime aux airs secrets et sauvages de la Bretagne intérieure. La rivière musarde de méandres en anses de sable ou de galets, de ports naturels en îlots peuplés d’ajoncs. L’enchantement culmine au printemps lorsque la vallée exhale le parfum suave des pommiers en fleurs dans les clos.
En dépits de la douceur du climat, le pays de Rance n’est pas une région de primeurs, mais depuis plusieurs siècles un terroir de grands crus de cidre remarqués en son temps par Louis XIV qui s’en remettait souvent aux avis éclairés de son jardinier Jean-Baptiste de la Quintinie.
Dans les vergers mûrissent des chaperonnais, les jeanne-renards, les marie-ménards venues des Côtes-d’Armor, les doux-évêques, les pommes irlandaises. Certaines de ces variétés, apparues au haut Moyen Âge, restent attachées à des légendes que les cidriers se complaisent à vous narrer autour d’une bolée bien fraîche, l’œil pétillant.
La doux-évêque, à la couleur jaune d’or semblable à celle des fruits du mythique jardin des Hespérides, devrait son nom au passage d’un évêque lors de l’évangélisation de la vallée de la Rance. Empruntant l’estuaire, le prélat se réfugia sur la berge devant la brusque montée des eaux provoquée par la marée, trouva abri sous un pommier, goûta les pommes à son réveil, les trouva exquises et entreprit de les mieux faire connaître. Quant à la marin-onfroy, elle arriva en Normandie en 1655 grâce à un marin d’Espagne, puis colonisa la Bretagne !

Posées délicatement au creux d’un petit panier d’osier, ses pommes à couteau embaument les chambres des Rimains et de Richeux tandis que ses cidres figurent en bonne place sur la carte d’Olivier. Le secret du cidre tient dans les proportions du mélange de pommes douces, douces-amères et amères. Alors que les variétés amères entrent pour 40% dans la composition du cidre, la pomme acidulée permet de l’éclaircir, de lui donner du piquant et de la fraîcheur.
En pays de Rance, le cidre participe à la tradition d’accueil. Voici peu, s’ils désiraient vous honorer, les habitants des campagnes vous recevaient au cellier vous offraient une bolée avant de vous précéder dans leur maison, soucieux de vous permettre d’apprécier la qualité de leur cidre. Une émulation régnait entre les cidriers : chacun s’efforçait de produire aussi bien sinon mieux que son voisin. Leur réputation était en jeu. Tâche redoutable car la durée de vie d’un cidre dépasse rarement une année…

Depuis maintenant plusieurs années, nous avons ouvert le Cellier au bout du chemin de Château Richeux pour perdurer cette tradition d’accueil. Bertrand vous propose les meilleurs cidres bretons qui nous permettent de découvrir des saveurs très différentes en fonction des terroirs, des variétés et du goût recherché par les cidriers eux-mêmes.
A toute heure de la journée l’ambiance est bonne autour d’une bolée.