





A
15 ans, il tresse sa première ruche en paille de seigle
dont les fixations sont en écorce de ronce et accueille
son premier essaim. Bientôt il en a dix et ce chant des
abeilles fait sa joie chaque jour. Mais vient le moment où il
faut partir courir le monde et le voila qui après ses études
va diriger un hôtel 4 étoiles à New York
! Au bout de quinze années, Monsieur Colléoc
rentre au pays, change de vie, et… retrouve l’univers
des abeilles. Il devient bientôt président de
l’ « Association pour la conservation, la sélection
de l’abeille noire bretonne », une association
qui compte aujourd’hui 130 adhérents bénévoles
bien décidés à défendre cette merveilleuse
abeille noire celtique.
Leur but consiste bien entendu à pérenniser, sélectionner,
multiplier cette abeille sur l’île d’Ouessant notamment puis
de la proposer sur le continent. Sur l’île, il s’agit d’un écotype
d’abeille qui s’est adapté pendant des siècles, probablement
plus, dont la reine cale sa ponte sur le développement de la flore. A
quoi passent-elles leur temps ces abeilles qui n’ont ni prédateur
ni maladies sur cette magnifique île? à faire du miel, un miel pur
comme l’air du large, élaboré à partir des tapis floraux
de l’île, un miel qui mérite l’adjectif « biologique » !
Trois miels donc, dont je vous laisse apprécier la description que m’en
a faite Monsieur Colléoc : «à partir de juillet, le miel
de printemps se distingue pas sa couleur de chêne clair ; il est doux et
agréable avec un arrière goût mentholé car les abeilles
ont butiné l’armerie, la scille de printemps, le silène maritime,
le cranson officinal, la jasione du littoral, la criste marine, la petite centaurée
maritime et le thym serpolet. Début août, c’est le miel d’été dont
la robe est ambre clair, aromatique, intense et complexe avec ses notes florales,
boisées et caramélisées. Il provient des ronces, du trèfle
blanc nain, du lotier des marais, la berce, le mélilot, l’escalonia,
la valériane, avec une prédominance de bruyère cendrée,
l’erica cinerea. Enfin, début septembre, nous récoltons le
miel de fin d’été à la couleur terre de Sienne foncé, épais,
aux arômes puissants qui laissent place à une légère
amertume persistante en arrière goût, et cela grâce à l’ajonc
le Gall ( ullex Galli), aux bruyères de l’île et à la
prédominance de la callune. Et ces miels sont si délicieux qu’ils
font de nombreux adeptes et que la quantité produite ne suffit pas ! Mais,
foi de Colléoc, il n’y aura pas un pot de plus !
Einstein écrivit que la disparition de l’abeille ne laisserait que
quelques années de survie à l’humanité… alors,
Monsieur le Président de la République, Mesdames et Messieurs les
ministres, Mesdames et Messieurs les responsables de tous bords et Mesdames et
Messieurs les amateurs de miel, militez pour protéger cette abeille noire
et venez goûter chez moi en compagnie de Monsieur Colléoc les délices
qu’elles nous fabriquent…
« Association pour la conservation, la sélection de l’abeille
noire bretonne », Monsieur Colléoc, Mairie 29242 Ile d’Ouessant,
02 98 73 20 35.